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Caroline Vieilleribiere Psychologue

LE PIPI AU LIT OU L’ÉNURÉSIE INFANTILE : PETIT GUIDE POUR LES GRANDS

La psychologie est un boulevard ! Cependant lorsqu’en tant que professionnel on nous interpelle sur un problème d’énurésie, il est difficile de comprendre ce qui se passe d’emblée sans avoir en tête une feuille de route bien structurée. Faire pipi au lit quand on est grand ou plus petit… C’est un symptôme fréquent qui concerne 10 à 15 % des enfants avec une prédominance chez les garçons. Pour accompagner l’enfant et ses parents dans la traversée de cette météo quelque peu humide, voici quelques repères pour comprendre ensemble ce qu’il se passe. Ecrit par Caroline Vieilleribière psychologue et psychothérapeute à Mont de Marsan

PIPI AU LIT : QUAND L ÉNURÉSIE A DES CAUSES PHYSIOLOGIQUES

Dans un premier temps, à quel moment peut-on parler d’énurésie? Le pipi au lit devient questionnant lorsque l’enfant grandit. En moyenne après 6 ans on peut s’interroger. Cependant il faut distinguer plusieurs choses dans ce que l’on entend par pipi au lit.

Ainsi il y a l’énurésie primaire et l’énurésie secondaire. Dans le premier cas, l’enfant n’a jamais cessé de mouiller son lit alors que dans le second cas il a pu rester une période au sec. Lorsque les troubles s’installent au-delà de 6 ans, il est important de faire un point.

Avant 6 ans , pas de panique l'énurésie n'est pas alarmante

Pipi au lit chez les plus petits : avant 6 ans

L’apprentissage de la propreté comme tous les apprentissages, doit se faire au rythme de l’enfant. On considère que sur la question du pipi au lit il y a un passage important vers les 4 ans mais que selon le rythme de chacun, jusqu’à 6 ans il ne faut pas s’inquiéter pour plusieurs raisons :

  • l’immaturité vésicale, les réflexes neuromusculaires n’étant encore pas totalement matures
  • l’apprentissage du contrôle des sphincters devant arriver petit à petit à se régler.

Premièrement, il est important lorsque l’on commence à s’inquiéter raisonnablement, de s’assurer qu’il n’y a pas de causes physiologiques. Par exemple, il faut écarter :

  • un possible dérèglement hormonal ( qui peut freiner l’effet antidiurétique sur la production d’urine la nuit)
  • une petite capacité vésicale chez l’enfant
  • un seuil d’éveil particulièrement élevé durant la nuit
Les causes ne sont elles pas iatrogènes ?

Pipi au lit chez les plus grands aussi…

Pendant cette phase d’exploration, il est important de pouvoir signaler au pédiatre si vous-même en tant que parents vous avez eu à traverser ce type de difficultés. Car il existerait des prédispositions génétiques. Lorsque l’on a un parent qui a eu ce type de difficulté, l’enfant a 40 % de chance d’être concerné lui aussi. De plus lorsque les deux parents ont vécu ce type de désagrément, leur enfant a alors 70% d’être lui aussi touché.

Enfin à cette recherches de causes médicales, il faut y associer une recherche de causes iatrogènes. « Kézako » ? Pour illustrer il faut identifier si des substances prises par l’enfant peuvent agir et contribuer à l’énurésie. Substances licites certes, mais qui agissent de façon masquée !! La caféine comprise dans le cola, et l’aspartame ou autre…effet diurétique d’un médicament, etc…

Deuxièmement, envisagez les causes psychologiques

Quand les causes de l'énurésie sont psychologiques

Quand le pipi au lit c’est dans la tête

Une fois les causes organiques exclues, il est intéressant d’élargir la réflexion. Pour Butler, (1998), les facteurs psychologiques à l’origine sont fréquents.

Premièrement : peut-on identifier un événement, qui puisse avoir perturbé l’enfant? Un changement dans son environnement ? Déménagement, arrivée d’un plus petit, séparation, mort d’un animal familier, etc… dans son entourage proche? De plus il faut ouvrir le questionnement sur la sphère scolaire quand l’enfant est scolarisé, sur la sphère des activités extra scolaires s’il y en a, etc…Pour Ferguson et collaborateurs (1990) ce type de facteurs « nouveaux » dans l’environnement de l’enfant joue particulièrement lorsqu’il s’agit d’énurésie secondaire.

Deuxièmement il faut prendre conscience en famille ou à l’aide d’un professionnel de santé sur notre façon d’y réagir! Il n’est pas question ici de vous culpabiliser ni de dire que c’est la faute aux mères ! Simplement comprendre comment par notre posture nous pouvons aider notre enfant. Car au cours de la deuxième et troisième année l’apprentissage de la propreté est tel une transaction entre l’enfant et ses parents. Ainsi il faut retenir que le facteur relationnel peut aussi être central.

L’inquiétude, l’énervement, notre besoin et nos obligations quotidiennes peuvent nuire à notre volonté de prendre du recul.

Que disent les psy ?

ILS DISENT QUOI LES PSY ?

Pour comprendre le sens de l’énurésie dans l’imaginaire de l’enfant il faut le recontextualiser. Ainsi il faut le penser en fonction du développement psycho-affectif où l’enfant est.

Les psychanalystes pourraient évoquer « les fixations » dans ce développement, pour évoquer le sens du symptôme. Par exemple il peut faire pipi au lit car il a peur de grandir, pour rester bébé. Toujours d’après le courant psychanalytique , ce trouble peut se connoter d’une symbolique sexuelle ( sexualité au sens infantile et non au sens adulte), manifester une agressivité urétrale, une affirmation virile chez le garçon…etc

En dehors de la psychanalyse

En outre, d’autres auteurs proposent des explications presque inverses!

Alors, l’enfant ne serait pas énurétique car inconsciemment « dans l’expression de ses désirs ». Selon M. Lombrot, l’enfant qui fait pipi au lit peut contrôler volontairement sa vessie. Cependant chez lui, ce contrôle n’est pas intégré de façon automatique. Ainsi lorsque son attention fléchit il se relâche. D’autant plus la nuit.

Une étude de Paul Laurent va dans ce sens. Pour l’enfant se retenir n’est pas automatique mais soumis au contrôle de la volonté. L’automatisation se fait par degrés et non ‘d’un coup’ ce qui explique l’énurésie secondaire.

D’où vient ce manque d’automatisation du contrôle de la vessie?

Selon M Lombrot, de l’attitude de l’environnement face aux activités motrices de l’enfant! Ainsi l’environnement devrait initier l’enfant à son épanouissement moteur, le solliciter : marcher, courir, sauter, lorsqu’il s’agite, l’aider à se réguler, lorsqu’il se déplace, le stimuler etc…L’idée est de permettre à l’enfant des jeux où il se développe au niveau psychomoteur. Favoriser ses apprentissages. L’inhibition motrice étant inclue dans ces apprentissages, elle va aussi rayonner positivement sur l’apprentissage des possibilités d’inhibition sur la vessie. Cela deviendra automatique alors.

Favoriser l'épanouissement psychomoteur de l'enfant

Petites parenthèses : il existe déjà des jeux d’inhibition chez les enfants : essayer d’arrêter de rire, faire semblant d’être mort, etc…Favorisez donc l’épanouissement moteur et l’encadrement raisonné de ce dernier. « fais pas si fais pas ça » A dada sur mon bidet »…laissez le explorer et aidez le à « freiner l’excitation » par votre posture.

VADEMECUM POUR L ÉLOIGNER DE L HUMIDITE

Impliquer l'enfant dans ce changement!

Pour tenter de retenir l’essentiel, nous avons retenu quelques points pour aider votre enfant. Nous soulager aussi, nous guider pour faire le moins mal possible

  • Avoir une attitude éloignée de deux extrêmes : « laisser l’enfant comprendre tout seul », « ne pas trouver acceptable d’avoir un accident isolé »
  • Impliquer l’enfant dans la voie du changement. Des carnets pour l’accompagner ont été créés.
  • Eviter de le culpabiliser car l’image de soi en prend déjà un coup pour l’enfant
  • Aller régulièrement aux toilettes en journée
  • Ne pas trop boire avant d’aller se coucher
  • Laisser une lumière pour que l’enfant puisse se lever seul la nuit rassuré.
  • Rester positif

Quoi qu’il en soit, de nombreux professionnels et auteurs sont venus à notre rescousse pour transmettre des pistes. Je vous renvoie à Alicia Eaton qui a écrit 19 étapes pour sortir de l’énurésie. Si vous souhaitez approfondir le sujet ne restez pas avec des questions sans réponse, n’ hésitez pas à en parler à un professionnel de santé!

4 réflexions sur “LE PIPI AU LIT OU L’ÉNURÉSIE INFANTILE : PETIT GUIDE POUR LES GRANDS”

  1. Bonjour, mon enfant fé pipi au lit depuis deux ans. c’est intérressant de vous lire car il a 7 ans et je me dis quil faudré aller consulter un psychologue pour l’aider.merci beaucoup madame

  2. merci des conseils j’avais mis en place des carnets pipi ca avait bien marché. Mon fils avait grandi et le fait de gérer seul la machine à laver et les draps ca avait amené un changement

  3. Ping : Maltraitance faite aux enfants : repérer, comprendre, accompagner

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